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Pourquoi un livre sur ce thème ?

Un article par

Tandem Conseil Formation Coaching

Pourquoi un livre sur ce thème? Et pourquoi un tel titre qui confère presqu’un pouvoir magique à la confiance? Et pourquoi ce sous-titre « la clé du vivre ensemble en entreprise »?

« La confiance » pour nous, c’est que cela peut : « TOUT changer sur TOUT et pour TOUS ». A partir d’une approche pratique, pragmatique, simple et accessible à tous , nous proposons dans notre livre quelques  clés pour comprendre, expérimenter, avancer, ouvrir le champ des possibles.  

La confiance en soi et les autres « est » le pouvoir magique » à beaucoup de nos problèmes ! 

Oui la notion de « super-pouvoir » est pompeuse, excessive …  Mais nous avons tous en nous, la capacité de le révéler, de l’exprimer, de l’utiliser, en tout cas pour développer sa confiance en soi et sa confiance aux autres et au monde.

 « Les clés » cela permet « d’ouvrir des portes », bien sûr, mais surtout pour nous, de les mettre à disposition de tous ! 

D’une manière générale la culture française encourage t-elle à avoir confiance en soi et dans les autres? Comment se situe t-on par rapport à d’autres pays dans les enquêtes?

A notre avis, Cela dépend d’abord de soi, attention aux poncifs qui pourraient figer, caricaturer « la culture française », elle est vivante, marquée par sa diversité , sa richesse, son art de vivre et sa longue histoire au contact du monde,  nous ne sommes pas les mieux placés pour répondre à cette question, mais au final, qu’est ce qui fait la différence ?

Deux facteurs peuvent expliquer l’effritement de la confiance au sein de nos sociétés occidentales et en France en particulier . Tout d’abord, internet qui a permis à tout un chacun d’accéder à un niveau d’information jamais atteint à ce jour et d’autre part  une perte de sens, une perte de valeurs, une désacralisation de l’autorité peu propice à créer un climat de confiance dans un groupe.

Nos sociétés ont privilégié le court terme, l’immédiateté. Ayons à l’esprit l’un des principes de l’approche systémique de Palo Alto : toute personne qui est dans un système en est un acteur à part entière et contribue donc à son état dans ses aspects positifs comme négatifs.

Soyons fiers comme d’autres cultures de notre résilience face à l’adversité d’aujourd’hui .

Sur le temps long comment a évolué l’idée et le rôle de la confiance dans le monde du travail et de  l’entreprise ? Dispose t-on d’un historique de sondages riches d’enseignements? 

Le monde du travail a été bouleversé depuis presque 3 ans, la période Covid avec toutes ses conséquences :  télétravail, les espaces de co-working, … sans oublier les tendances émergentes de « grande démission » et de « quiet quitting  »  ( démission douce  – je reste mais j’en fais le minimum) . La confiance a évolue au grès des générations mais elle devient plus prégnante et plus nécessaire pour développer notre indispensable résilience.

De nombreux sondages, d’études sont réalisés sur ce sujet depuis des années, mais beaucoup font référence à des donnés pré-covid et n’intègre pas les profonds bouleversements sociaux-économiques, géo-politiques, environnementaux, actuels.
Alors quoi de neuf  sur le concept de la confiance ( en soi et en les autres) depuis 6 mois (en sachant que la guerre en Ukraine, la hausse des taux d’intérêt , la crise énergétique, la baisse du pouvoir d’achat, … étaient encore à écrire !

Voici 4 extraits d’études récentes quelque fois contradictoires chacun pourra y trouver des motifs d’espoir pour demain et/ou des pistes de progrès.
(les extraits choisis n’engagent pas les auteurs de cet article sur les chiffres annoncés)

  • Extrait la 22ème édition du baromètre annuel d’Edelman – février 2022
    Un regain de confiance en France dans un climat de défiance mondial.
  • Extraits de l’étude annuelle des Great Insights 2022  par Great Place To Work
     Une baisse de confiance en entreprise en 2022 . 46% des Français seulement déclarent que le management tient ses promesses (vs. 77% )
  • Extraits  rapport « State of the Global Workplace « de Gallup’s pour 2022
    l’engagement des travailleurs européens n’est que de 14 %, contre 33 % en Amérique du Nord Seulement 6 % des employés français seraient véritablement « engagés »
  • Extraits : Baromètre  « Les Français et le droit à l’erreur » février 2022
    77% ( vs. 35%) C’est le pourcentage de Français qui déclarent désormais faire confiance à l’administration pour leur apporter conseils, solutions et le droit à l’erreur.
Avez-vous des chiffres et commentaires à faire sur ces enquêtes qui mesurent régulièrement la confiance qu’ont les Français dans les entreprises en tant qu’employeurs ou dans leur hiérarchie  ?

Elles sont à la fois intéressantes mais difficile à intégrer à l’instant T , tant le monde bouge,

Nous aurions envie de partager qu’il y a une plus forte confiance individuelle que collective : ce paradoxe très français  méfiant pour l’avenir ( collectif)  mais confiant en ses capacités personnelles d’y arriver.

Mais certaines choses « ne change pas ! » 3 thématiques  essentielles pour favoriser la confiance en entreprise que nous aimerions mettre en avant : le besoin d’écouter activement (son empathie), de s’adapter en se synchronisant  à son interlocuteur (son adaptabilité) et le besoin de recevoir de la reconnaissance.   

Quelle est l’entreprise idéale pour les jeunes en 2022 ?

Ils recherchent principalement  du local, de l’épanouissement (un job motivant) , de la reconnaissance, une « bonne ambiance » en clair du bien-être ( du mieux être pour commencer) . Dans un environnement éco-responsable et socialement durable qui  génère du sens, porteur de valeurs managériales simples : respect, confiance, solidarité et écoute (empathie), sans oublier une dose de  flexibilité, de la proximité ( vie pro-vie privée) dans un monde qui digitalise de plus en plus.

En cette période mouvementée, en misant sur un management “bienveillant, exigeant et authentique ”, une bonne QVT (Qualité de Vie au Travail), un environnement moderne et digital  , des valeurs fortes et une flexibilité du temps de travail, les entreprises peuvent se rendre attractive  aux yeux de cette génération lucide et  exigeante. Vaste (r)évolution à mettre en œuvre !

Pourquoi et comment a évolué avec le temps  la confiance dans l’entreprise entre collègues, entre managers et collaborateurs entre directions et salariés ?

Comme dirait H. SERIEIX « »Avant c’était dur mais c’était sur … maintenant c’est flou et c’est mou ». La confiance est un bien universel que chacun gagnerait à choyer, à cultiver, à arroser, car c’est notre socle pour une vie harmonieuse et réussie selon les critères de chacun, même s’il y a toujours une dimension inexplicable de la confiance qui la rend difficile à dompter, à maîtriser. Elle est suffisamment subtile et complexe dans sa construction personnelle comme relationnelle pour nous échapper au moment où nous ne nous y attendons pas… Prenons à notre compte l’affirmation de Paul Ricœur selon laquelle « il faut oser faire de la confiance un pari sur le comportement futur de l’autre», car c’est la condition pour construire des relations pérennes et sereines avec notre entourage.

Tout part de la confiance en soi apprend t-on dans le premier chapitre. Quel effet a t-elle sur la performance, l’acceptation des critiques ? La capacité à évoluer et à se remettre en cause professionnellement?

Le schéma suivant illustre bien la manière d’aborder votre confiance en vous ;

Chacun de ces petits symboles illustre les critiques intérieures ou extérieures qui vous paralysent, vous empêchent d’agir, vous maintiennent dans votre marécage et cherche à vous convaincre que vous n’êtes pas quelqu’un de bien, de compétent, etc…

vous ne voyez toujours pas cette force dans ce dessin : arrêtez de vous noyer dans le détail d’un des symboles représentatifs d’une critique et abordez cette image dans sa globalité et découvrez qu’elle représente une force qui va de l’avant :

 

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Amusant de constater que le rugby fondamentalement se joue principalement de cette manière « on avance par des passes en arrière »

Expliquez svp l’importance de la confiance en soi et comment l’améliorer dans un contexte professionnel? Avec quels outils? Exemples?

Si on devait n’en garder qu’un, alors : Donner de la reconnaissance : « Strokez ! »

Un des besoins primaires de chaque personne est de se sentir reconnu, soit  physiquement (par un geste), soit verbalement (par des mots ). Pour satisfaire ce besoin, Éric Berne[1], le fondateur de l’Analyse Transactionnelle, utilise le terme de  stroke, qui désigne une unité de reconnaissance.  

Le stroke est une ressource naturelle, gratuite, inépuisable, accessible à tous.

  • positif, il développe de l’énergie positive et de l’enthousiasme
  • négatif, il développe dix fois moins d’énergie et un stress négatif.

comment faire ?  c’est au final très simple : sourire, dire merci , « c’est bien » féliciter les petits victoires , féliciter sur le résultat (bien sûr) mais aussi sur les efforts , sur les compétences … Et sur la personne elle-même par sa présence .

Q/ quand avez-vous remercier chacun de vos collaborateurs pour la dernière fois ?

Vous insistez sur l’importance de la synchronisation dans la construction de la confiance en tenant compte des types de personnalité. Qu’entendez-vous par là ?  Comment procéder pour être synchrone ?

Attention , nous ne parlons pas de personnalité mais de portes d’entrées comportementaux ou des styles sociaux , ce qui compte, c’est comment je communique, comment je rentre en relation avec  l’autre .
En se synchronisant à l’autre on améliore sa qualité d’écoute active (d’empathie) , son adaptabilité ( sa résilience), sa bienveillance .  A partir de cette matrice qui identifie 4  portes d’entrée comportementales on facilite la relation, la communication,  « communiquer c’est écouter l’autre, c’est entrer dans le monde l’autre »

La synchronisation correspond à cette capacité de s’adapter tant comportementalement, qu’intellectuellement et émotionnellement au fonctionnement de l’autre.

Comme le dit très justement Watzlawick  de l’école de Palo Alto « La qualité de notre message est dans la réponse qui lui est faite … L’important n’est pas ce que je dis, mais comment l’autre perçoit, comprend, intègre ce que je dis ».

Quel lien s’établit entre la confiance et l’autonomie ? Comment doivent procéder les managers et collaborateurs pour promouvoir l’un et l’autre ?

C’est une clé essentielle , nous consacrons tout un chapitre sur le sujet  dans notre livre.  L’autonomie est certainement l’un des meilleurs marqueurs de la confiance et vice-versa. Votre degré d’autonomie dans la conduite de votre vie résulte de manière conséquente de votre confiance en vous. Votre confiance en les autres favorise votre capacité à responsabiliser vos interlocuteurs et par là-même à respecter et développer leur autonomie .

Ces deux notions sont donc indissociables ; le niveau de l’une correspond souvent au niveau de l’autre : peu de confiance va souvent être significatif de peu d’autonomie alors qu’une forte confiance favorisera une forte autonomie.

Un exemple extrait du livre :  La maitrise du cycle de la dépendance à l’interdépendance
L’approche de Katherine Symor , (cf schéma ci-dessous) analyste transactionnelle américaine facilite la compréhension de ce qu’elle a nommé « le cycle de la dépendance » (stade 1 : dépendance , stade 2 : contre-dépendance,   stade  3 : indépendance,   stade 4 : interdépendance)

Les applications sont multiples dans le cadre de la vie quotidienne, qu’il soit familial, relationnel, professionnel, managérial et autres….
Il est important de comprendre que l’autonomie ne se décrète pas ; on ne passe pas du stade 1 : dépendance au stade 4 : interdépendance par un coup de baguette magique ; chacun de ces quatre stades à sa raison d’être pour acquérir la maturité conduisant à l’autonomie.

Chacun gagnerait à prendre du recul pour comprendre à quel stade du cycle il se trouve dans la gestion d’une situation et par là-même, mieux l’appréhender et la dépasser pour développer son autonomie.

Les acteurs de l’internet fondent une grande partie de leur succès commercial sur la confiance. Et leurs collaborateurs y sont plus souvent en télétravail, avec des statuts d’indépendants.   Est-ce à dire que les entreprises du numérique  du  XXIème siècle sont intrinsèquement les mieux placées pour inspirer confiance à leurs collaborateurs ?

Les acteurs du net utilisent effectivement le télétravail de manière « quasi intégrale » on voit aussi apparaitre de plus en plus la formule intermédiaire avec du co-working dans des tiers lieux  (à moins de 10 minutes de son domicile) . La statut d’indépendant n’est cependant pas la norme pour beaucoup des acteurs du Net mais plutôt du salariat avec un part très significative de variable le plus souvent dans une législation du travail très ouverte sur un modèle anglo-saxon. elles semblent effectivement mieux placées pour inspirer cette confiance avec des collaborateurs majoritairement « Millennials », une généralisation du travail à distance et plus de subsidiarité, de management participatif et de fonctionnement en réseau. Tous ces points renforcent logiquement l’autonomie et la confiance.

Pour conclure cet échange

La confiance est un bien universel. Elle est suffisamment subtile et complexe dans sa construction personnelle comme relationnelle pour nous échapper au moment où nous ne nous y attendons pas… Alors, osons la confiance a priori pour engendrer « un tout qui sera supérieur à la somme des parties ». la confiance est quelque chose que l’on construit, pour soi et/ou pour l’autre. Sa véritable force réside dans le fait qu’elle génère toujours du lien, même si elle reste en permanence fragile dans un monde, on le voit tous les jours, très incertain, complexe, ambigu et volatil.

Le super pouvoir de la confiance : J. GLATRE – E. BECK  – 02/10/22